De la convergence de toutes les choses

6 octobre 2009

Ce n’est jamais le bon moment. Si on se laisse le temps de la réflexion, c’est finalement la réponse facile à tout problème. Malheureusement, c’est aussi sous la réponse tout court. On dit que tout arrive en même temps … Serait ce le cas aujourd’hui pour moi ?

Lundi, premier entretien d’embache. Un bon timing, je m’apprêtais à relancer mes recherches, mais un contact m’a pris par surprise. Le projet sur lequel je travaille se termine, l’ambiance se dégrade, et le travail s’accélère laissant de moins en moins de place à la réflexion, à la construction, à la discussion. Bref, un bon timing. Finalement, moi qui pensait laisser un peu de temps après la naissance de ma fille à venir, je me surprends à me dire que pourquoi pas, les choses peuvent se cumuler.

Et puis ce matin, un coup de fil. On m’avait déjà prévenu, sans trop vouloir m’alerter, mais cette fois on m’alerte. Mamie est fatiguée, très fatiguée. Beaucoup plus que la dernière fois, dernière fois où nous avions tous pensé que c’était la fin. Ma mère m’a donc fait comprendre que l’appeler lui remonterait le moral, et me permettrait d’avoir la chance d’un dernier appel. Qui sait … Assez particulier comme démarche, appeller quelqu’un en se disant que c’est sans doute la dernière fois, espérer que ce sourire dans la voix est un bon signe, sans trop vouloir non plus espérer. Bref, après 86 belles années sans trop subir son corps, ça en sera peut être bientôt terminé, tout comme il est possible que ça reparte. Il faut juste attendre le verdict des médecins, et plus incertain encore, le verdict de la vie ou de la mort …

Finalement, cette fois ci, tout semble converger en ce moment présent, la vie, la mort, le reste. On dit souvent que tout tombe en même temps. C’est aussi surtout parce que l’on aime pouvoir prévoir les choses, que l’on aime pouvoir les planifier, que l’on souhaite que tout soit parfait. Mais à attendre ce moment, on passe à côté des choses …

Finalement, ce fut une belle journée. Mon bébé va bien … Ma grand mère a apprit que j’aurai une petite fille. Elle a même eu le privilège de connaître son prénom. J’ai eu le privilège de savoir qu’elle le trouvait doux. Si elle part bientôt, ce sera sans avoir souffert, en toute probabilité dans son sommeil, après 86 belles années. Nous avons tous le temps de nous préparer à cela, qui finalement est dans l’ordre des choses. Et accessoirement, j’ai sans doute trouvé un nouveau travail dans lequel je pourrais trouver un épanouissement personnel et professionnel plus sincère.

C’est donc serein que je pourrai m’endormir ce soir, en espérant pouvoir avoir une vie aussi longue et douce que ma grand mère, et en espérant pouvoir un jour donner à mes petits enfants, ce que j’ai reçu de ma chère grand mère.

De la relativité de l’intérêt du travail

26 septembre 2009

Aujourd’hui, je ne trouve plus dans mon travail l’épanouissement que celui-ci devrait me fournir. C’est triste, mais ce n’est pas récent. D’ailleurs, ça a sans doute toujours été le cas. Mais après bientôt 2 ans dans la même boite, je peux dire pour une fois que j’ai essayé de pousser ma pierre, et que je ne vois pas de réel changements. J’avais pourtant simpatisé avec mes collègues en arrivant, j’avais pourtant précisé mes méthodes de travail (j’aime la rigueur et le sérieux), j’avais pourtant précisé mes conditions.

Mais le temps a passé, et comme dans beaucoup de société, il faut travailler plus vite, il faut travailler mieux et il ne faut surtout ne jamais faire aucune erreur. Au lieu de ça, je continue de travailler comme je l’ai toujours fait, à savoir sérieusement, et je dis ce que je pense. Alors effectivement, je ne veux pas me tuer à la tâche, car je sais que ce n’est pas pour une semaine, ou pour un mois, mais que ce serait pour la vie … Alors effectivement, je dis aux gens quand je n’aime pas travailler avec eux et pourquoi …

Bref, jusqu’à aujourd’hui, j’a toujours tenté d’être transparent. D’ailleurs, mon employeur connait mon intention de me séparer de lui. Il sait d’ailleurs pourquoi ce n’est pas encore fait aujourd’hui, combien il me reste d’emprunts à rembourser et pourquoi je ne peux/veux pas devenir aujourd’hui ébéniste …

Mais après une belle semaine de m…. (transparent, oui, mais vulgaire, j’essaie d’éviter … j’essaie), je commence à redevenir serein. Je crois que je peux désormais me considérer comme fixé sur la reconnaissance et les conditions de travail que je peux attendre là où je suis. Je n’ai aucun espoir d’une quelconque amélioration. Après la résignation, c’est la résilience, la dernière étape du deuil …

Mais ce que je sais avant tout, c’est qu’indépendamment de tout ce qu’est et pourra être ma vie professionnelle, je vais être papa. Finalement, qu’il soit alimentaire, constructif, éthique ou pas, je n’attends qu’une seule chose, de pouvoir tenir ce petit être dans mes bras, le voir faire ces petits pas maladroit et sourire. Alors peut être l’heure viendra t’elle aux changements professionnels. Mais ce qu’il me tarde de préparer aujourd’hui n’est pas tant ces quelques 8 heures quotidiennes, que ces ne serait ce que quelques secondes de sérénité à l’instant même où ce petit être fermera les yeux pour s’endormir, confiant dans le monde qui l’entourre, parce que je serai là avec sa maman …

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Restez connectés

14 septembre 2009

Vous avez beau avoir 26 ans, être ingénieur en informatique et avoir des parents qui ne sont pas de la génération Internet, ne vous inquiétez pas, ils seront les permiers à vous ressortir toute la technologie qui existe pour le merveilleux évènement qui vous attend.

Il est 20h30, je n’ai pas encore mangé, je suis rentré tard. Le téléphone sonne. Mon père à l’autre bout du fil : “dis, on pensait à un truc, tu voudrais pas une webcam ?”.”Ben en fait, j’en ai une dont on ne sert pas du tout, donc, euh …. non, pourquoi ?”. “Non, comme ça.”. En même temps, c’est pas toujours simple une discussion entre un père et un fils (la chance, je vais avoir une fille …).

Bref, tout ça pour ensuite comprendre que c’est parce qu’habitant loin, mes parents voulaient simplement pouvoir profiter plus pleinement de l’heureux évènement qui se prépare. Bon, il ne me reste plus qu’à installer tout le matériel. Vous qui pensiez pouvoir tenter de quitter ce monde technologique et parfois (souvent) superficiel, c’est mort … Merci papa … je suis bon pour resté connecté …

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Ce sera … une princesse

5 septembre 2009

Honte à moi, je l’avoue, je préferai une fille … C’est comme ça, un jour on m’a demandé ce que je préferrerai avoir, et sans aucune hésitation aucune, c’était une fille. Pourquoi ? Parce qu’une fille ça aime son papa très fort, qu’il est le plus fort et le plus beau du monde. J’en sais rien, c’est comme ça. Je sais aussi que ça aurait été un garçon, qu’au final, j’aurai été aussi content. D’ailleurs, on reste toujours le plus fort et le plus beau du monde (enfin surtout le plus fort).

Sans réellement culpabiliser, cette question me taraudait l’esprit. Pourquoi je préférai une fille ? Est ce que je serai moins content d’avoir un garçon ? Est ce que je ferai une différence ? Et puis à la première échographie, on m’a dit : je ne suis pas sûr du tout, mais ce serait plutôt un garçon. Alors je me suis dit que ce serait un garçon, en espérant toujours secrètement une fille. Le jour de l’échographie, le matin, j’ai trouvé une quille en bois toute bleue. Je me suis dit que c’était un signe, ce serait un garçon … mais comme je ne crois pas aux signes, je me suis dit que je verrai. Mais je me laisser aller à me convaincre que c’était un garçon, me disant que je ne serai pas déçu si c’était le cas.

Et puis j’ai eu toutes mes réponses d’un coup … à la seconde échographie. Le médecin demande alors à ma compagne si elle a une préférence. Non, aucune, mais je crois que ce sera un garçon. Vous avez déjà un autre enfant ? Oui, un garçon. Alors, une fille, ce sera bien aussi ? Et puis plus rien. 10 minutes plus tard, il nous le redis plus clairement : ce sera une fille. Et oui, c’est une fille, et en fait, je m’en fou. Ma compagne me regarde toute surprise, tellement elle était convaincue que ce serait un garçon, et espérant voir des sauts de joie de ma part. Non, je suis content, mais simplement parce que le bébé va bien, simplement parce que la maman aussi et simplement parce que c’est une intimité nouvelle que je partage avec mon coeur (enfin mes coeurs …).

Voila donc. Tout simplement, je crois qu’on se trouve une réponse parce que c’est une question qu’on pose toujours. Mais c’est surtout une question de convenance qu’on pose parce qu’on ne peut pas non plus parler de grand chose d’autre … et que c’est plus simpa que les nausées et autre détails médicaux … Après, effectivement, ça change des choses, et je conçois qu’on puisse sincèrement avoir une préférence. Mais pour ma part, c’était comme ça, avais-je une préférence ? le sentiment que ce serait une fille ? Peu importe, tout le monde va bien, et c’est ce qui compte …

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Coucou, y’a quelqu’un là dedans ?

22 août 2009

Comme je l’ai déjà dit, devenir papa, tant que bébé n’est pas là, c’est assez lointain. Un gros ventre à regarder tous les matins, tous les soirs, mais à peu de choses près, ça s’arrête souvent là. Et puis les “oh mon cœur” en lui caressant le ventre, au bout de 3 mois, ça commence à devenir répétitif. Bref, au fil des jours, l’annonce de l’arrivée de bébé se fait de plus en plus lointaine, et son arrivée est toujours prévue pour dans longtemps.

Mais un soir, vous entendez “viens vite !”. Qu’est ce qu’il se passe donc ? Il vient de bouger. Je l’ai senti, j’en suis sûr. C’est merveilleux, ça vit là dedans. Mais c’est surtout merveilleux pour la maman, parce que pour le papa, il faudra attendre encore un peu. Ça a beau bouger là dedans, on sens surtout la respiration et les gargouillis, mais ce n’est certainement pas encore bébé qui cherche à communiquer.

Le temps passe alors, et toujours rien. Un joli ventre tout rond et c’est tout. Et puis un soir, la gentille maman prends votre main et la pose sur son ventre. Et là, tu sens ? Et maintenant ? Là ? Ici ? Oh ……… Et voila, Mercredi 19 Août, bébé est né pour papa. Ce sont les premiers contacts. Bien sûr, il s’est juste retourné et puis il s’est installé bien confortablement, car je ne l’ai senti que 2 fois. Mais voila, bébé n’est plus abstrait. Il y a bel et bien quelqu’un là dedans.

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Les Encombrants

9 août 2009

Tous les premiers lundi du mois, ce sont les encombrants dans mon quartier. Chose assez insignifiante pour la majorité des habitants, pour qui cela se résume à jeter un vieu pneu ou une vieille valise abimée des années 80, c’est finalement pour certains tout un éco-système qui se construit l’espace d’une soirée. En voici ma petite expérience.

Tout d’abord, le lundi soir, impossible de faire des heures supplémentaires. Déjà en temps normal, mais rater une armoire en chêne du 19ème, c’est hors de question. Bref, arrivé chez moi, c’est préparation des hostilités : gants, diable, tendeurs, corde au cas où et petit encas (les encombrants, ça creuse …). Ensuite, on part avec toute la petite famille faire le tour du quartier. Mais pourquoi donc me demanderez vous ?

Pour ceux qui ne l’ont jamais fait, c’est tout un cap à passer. Mais c’est des trucs qu’on jette à la poubelle, c’est sale et c’est cassé. Effectivement, absolument tout est au mieux d’occasion. On jette rarement un canapé neuf (quoi que, vous seriez assez surpris en fait). Du coup, c’est souvent un peu défraichit. Maintenant, quand vous venez d’emménager et que vous chercher un meuble, c’est le meilleur rapport qualité/prix. Il faut compter une bonne éponge, du savon de marseille, et, quand on n’a moins de chance, de la colle et des vis. Enfin sans m’être tué à la tâche, mon intérieur doit être à plus de 50% issu du recyclage d’encombrants et de récupérations diverses.

Ensuite, la saleté. Effectivement, ce sont souvent des choses qui sortent des garages. Après quelques années à l’ombre, c’est au mieux poussiéreux, et plus souvent humide. Maintenant, quand vous récupérer des jouets pour enfants en plastique à peine utilisés, un coup de jet et la poussière est partie. Quant à l’humidité, mis à part pour les vêtements, une bonne aération suffit bien souvent à rendre à l’objet un état plus que convenable.

Enfin, c’est un véritable éco-système. Dès le lundi après-midi commence le balai des camions. Tout ferrailleur digne de ce nom connait par coeur les dates de ramassage. Ainsi, jusqu’au début de soirée, tout frigo, machine à laver et finalement, le moindre petit bout de fer ne reste pas plus de 10 minutes dans les rues. Je n’ai jamais fait l’expérience de chronométrer, mais à peu de choses, je dois tomber juste.

Et puis on retrouve aussi les mêmes personnes. D’abord, les mêmes personnes qui ramassent, parce que passé la première fois, c’est une habitude que l’on prend vite. Ca fait un peu de sport, ça permet de trouver des choses parfois surprenantes et pour pas cher. Et puis à choisir entre ça et une soirée télé devant une série pas forcément très intéressante …

Assez surprenamment, ce sont aussi toujours les mêmes personnes qui jetent. Puisque l’on sait que ce que l’on jette est assez majoritairement réutilisé par les ramasseurs, dans la mesure où les objets sont en bon état, ces personnes n’ont pas d’état d’âme à jeter un canapé, une collection de DVDs, la vieille armoire qu’on vient de remplacer ou la panoplie de jouets pour bébé. Il est alors amusant de voir (pour moi, ça fait une bonne année) que devant certaines maisons, il y a, et sans exception, des choses tous les mois. On pourrait se dire que les gens ne vont plus rien avoir à jeter … mais la consommation étant ce qu’elle est … on a toujours des choses à jeter.

Enfin, ce sont toujours les mêmes personnes qui vous saluent d’un air amusé de toutes les trouvailles que vous trainez, ou de comment vous vous en sortez. Il faut dire que quand toute la famille tire son charriot, c’est le petit train qui passe. Et transporter une porte en chêne avec un diable de bas de gamme n’est pas non plus sans susciter la curiosité. D’ailleurs, à vous voir ainsi récupérer, certains n’hésitent pas à vous inviter chez eux pour constater l’état, avant enlèvement dans la foulée, des objets dont ils ne seraient pas séparés sans la certitude qu’ils serviraient à d’autres.

Plus tristes sont par contre les lendemains matins et les craquements sourds des ramasseurs de la commune. Dans leur camion poubelle, c’est tout ce qui n’a pas été pris qui est broyé sur place pour économiser les voyage à la décharge. Pas question alors de faire du tri ou de garder, ils n’ont pas le temps. Tout doit disparaître dans la matinée. C’est alors la disparition de cet éco-système … mais seulement jusqu’au mois suivant …

Bienvenue

9 août 2009

Bonjour,

Je m’appelle Alexis, j’ai 26 ans, et bientôt je vais devenir papa. On dit qu’une femme ne devient femme que quand elle devient mère. Je ne sais pas si on devient un homme en devenant papa, mais pour ce qui est de devenir papa, ça reste encore lointain. Et oui, pas de gros bidon pour moi (enfin pas plus que d’habitude), pas de coup de pied dans le ventre, alors forcément, ça reste toujours un peu virtuel.

Pourquoi un blog ? D’abord pour moi, parce que dans un an, ça m’amusera de revoir comment ça s’est passé, et qu’un blog, c’est pas pire qu’un journal intime, et que finalement, pour moi, ce sera plus simple. Ensuite, parce que devenir papa, ce n’est pas uniquement changer des couches, mais c’est aussi réfléchir (la vie, tout ça tout ça …) et que j’aurai beau raconter ça à bébé, à part sourire quand on lui fera de gouzi gouzi et pleurer quand il aura faim, soif, envie de dormir, envie de calin ou envie d’un truc qu’on comprend pas, il risque de ne pas pouvoir m’éclairer sur la pertinence de mes choix éducatifs / alimentaires / philosophique / …

Ce que vous trouverez : mes réflexions, mes doutes, mes choix, mes pétages de cables. Ce que vous ne trouverez pas : des photos, parce que je ne monte pas une gallerie, et que la vie privée doit le rester en partie (et que ma femme me tuerai en plus, c’est déjà à soi-même une raison suffisante). Pour le reste, aujourd’hui, c’est une idée … on verra par la suite.

Bonne lecture.


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